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    Comment la résistance armée polonaise « a aidé » l’Armée rouge à écraser l’Allemagne nazie : 1944-1945

    Publication de documents soviétiques sur les actions des forces armées de la résistance polonaise contre l'Armée rouge.

    L’agence fédérale russe des archives propose un ensemble documentaire d’archives numérisées sur le thème : « Comment la résistance armée polonaise « a aidé » l’Armée rouge à écraser l’Allemagne nazie : 1944-1945 ». 
    Il s’agit de 70 documents, inédits pour leur plus grande partie, provenant de GARF, de RGASPI, des Archives du président de la Fédération de Russie, des Archives centrales du Ministère de la défense russe, des Archives centrales du FSB et des Archives du Ministère des Affaires étrangères. 
    Vous trouverez ici, en russe, l’introduction et les documents :http://archives.ru/library/poland-1944-1945/index.shtml

    Cet ensemble de documents se concentre sur les actes commis par la résistance polonaise (AK : armée de l’intérieur ; NSZ : forces armées nationales ; l’organisation « Liberté et indépendance ») contre les soldats de l’Armée rouge, à l’arrière du front, alors que la guerre contre l’Allemagne nazie n’était pas encore terminée ni, même, la Pologne entièrement libérée : attaques de postes de commandement soviétiques, destructions de lignes de communication et des dépôts d’armes et de ravitaillement, voire embuscades contre de petits groupes de soldats soviétiques. Ils peuvent même faire des prisonniers qui sont traités comme des ennemis, qui peuvent être fusillées ou abandonnés « en forêt » sans moyen de subsistance.

    Dès le printemps 1944 parviennent à Moscou des informations sur des cas de capture ou de meurtres de soldats soviétiques, provenant d’unités des 1er et 2e fronts de Biélorussie. A l’automne 1944, ces actes prennent de l’ampleur. Boulaganine, représentant de l’URSS auprès du Comité polonais de libération nationale, l’exécutif provisoire mis en place à Lublin par les Soviétiques qui servit de gouvernement provisoire entre août et décembre 1944, communique à Vichinsky, alors vice-commissaire du peuple aux Affaires étrangères d’URSS, des cas d’attaques de postes de commandement, d’attentats contre des soldats soviétiques et des lignes de communication. Boulaganine parle d’ « actes terroristes » commis par des unités de l’AK sur les directives du gouvernement polonais de Londres.

    Le 29 novembre, il envoie un rapport à Staline sur le nombre de victimes entre le 1er août et le 25 novembre 1944. 
    On peut lire ici ce document : http://archives.ru/libr…/poland-1944-1945/document-020.shtml 
    Nous en produisons une traduction :

    Top secret. 
    [au crayon : du camarade Boulganine]
    Au camarade Staline.

    En conséquence de l’activité terroriste de l’AK et d’autres bandes dirigées par les réactionnaires polonais, les troupes de l’Armée rouge qui se trouvent en Pologne ont subi les pertes suivantes, selon le compte établi pour la période du 1er août au 25 novembre 1944 :

    Total des pertes : 
    Tués. Officiers : 31 ; sergents et hommes du rang : 153 ; total : 184.
    Blessés. Officiers : 16 ; sergents et hommes du rang : 62 ; total : 78.
    Total : 264 hommes (parmi lesquels 2 disparus).

    Le détail des pertes par front se répartit comme suit :

    1er front de Biélorussie [Pologne centrale, N d. T] :
    Tués. Officiers : 8 ; sergents et hommes du rang : 22 ; total : 30.
    Blessés. Officiers : 3 ; sergents et hommes du rang : 31 ; total : 34.
    Total des tués et des blessés du 1er front de Biélorussie : Officiers : 11 ; sergents et hommes du rang : 53.

    2e front de Biélorussie [Pologne septentrionale, N. d. T.]:
    Tués. Officiers : 8 ; sergents et hommes du rang : 22 ; total : 30.
    Blessés. Officiers : 6 ; sergents et hommes du rang : 7 ; total : 13.
    Le total des tués et des blessés du 2e front de Biélorussie s’établit à 14 officiers et à 41 sergents et hommes du rang (dont 2 disparus).

    1er front d’Ukraine [Pologne méridionale, N. d. T.]:
    Tués. Officiers : 15 ; sergents et hommes du rang : 44 ; total : 59.
    Blessés. Officiers : 7 ; sergents et hommes du rang : 9 ; total : 16.
    Le total des tués et des blessés du 1er front d’Ukraine s’établit à 22 officiers et à 53 sergents et hommes du rang.

    De plus, 63 sergents et hommes du rang travaillant pour la région militaire de Biélorussie ont été tués et 4 ont été blessés, et la division de marche du NKVD [Division d’infanterie de marche du NKVD, formée en octobre 1944, pour lutter contre l’AK, N. d. T.] a perdu 13 hommes (2 tués et 11 blessés).

    [signé émoticône smile Boulganine

    [date émoticône smile 29 novembre 1944.

    Source : AP RF 3 / 50 / 274 / 68-69. Original tapuscrit.

    Staline communique ces faits à Churchill et Roosevelt. Le 8 décembre 1944, il écrit à Churchill : « Nous ne pouvons pas accepter que des terroristes encouragés par les émigrés polonais tuent nos hommes en Pologne et mènent une lutte criminelle contre les armées soviétiques qui libèrent la Pologne. Nous considérons ces personnes comme des alliés de notre ennemi commun ». 
    Lors de la conférence des « Trois grands » à Yalta le 6 février 1945, Churchill déclare que « le gouvernement britannique reconnaît que les attaques contre l’Armée rouge sont inadmissibles ». Roosevelt affirme que « Votre armée, en route pour Berlin, doit avoir ses arrières sûrs. Vous ne pouvez pas et nous ne pouvons pas supporter aucun gouvernement provisoire qui causerait à vos forces armées aucun ennui de ce type ». 
    Avec la fin de la guerre l’AK et la NSZ n’ont plus comme seul ennemi que l’Armée rouge. De juillet 1944 au 30 mai 1945, 593 soldats soviétiques sont tués en Pologne, en Lituanie et dans les régions occidentales de l’Ukraine et de la Biélorussie par les organisations de la résistance polonaise. A l’automne 1945, le chiffre se monte à 800 hommes.

    Les documents montrent également que l’AK et la NSZ ne se sont pas contentés de tuer des soldats soviétiques mais s'en sont aussi pris, selon les autorités soviétiques, à la population civile, ce va à l'encontre des lois de la guerre. Les officiels soviétiques assimilent les actions de l'AK et de la NSZ à du "banditisme".

    A titre d’exemple, voici le rapport du S. P. Davidov, conseiller du NKVD auprès du ministère de la Sécurité publique polonais au commissaire du peuple aux Affaires intérieures, Sergej N. Kruglov, sur les actions des formations clandestines et sur leurs victimes pour la période du 1er au 10 janvier 1946.

    Très secret.

    Au commissaire du peuple aux affaires intérieures d’URSS, général-colonel camarade Kruglov. Moscou.

    Rapport. 
    Sur les actions des bandes du 1er au 10 janvier 1946.

    Les dix premiers jours du mois de janvier ont été caractérisés par l’essor des actions des bandits, en particulier dans les régions du Nord-Est et du Sud-Est de la Pologne : les voïvodies de Białystok, de Lublin et de Rzeszow [Le décret du 21 août 1944 du comité de Lublin a supprimé les circonscriptions administratives mises en place par les Allemands et a rétabli les voïvodies].

    Ont été perpétré par les bandes : 
    a/ des attaques contre les organes de la police pour les désarmer : 18 cas.
    b/ des actes terroristes contre les agents de la sécurité publique, la police, les membres du Parti ouvrier polonais [parti communiste, N. d. T.] et des militants locaux : 27 cas, qui ont causé 37 morts et 26 blessés. 
    c/ des attaques contre les entreprises et les institutions d’État et contre la population locale à des fins de cambriolage : 57 cas.

    Au total, au cours de la décade écoulée ont été décomptés sur le territoire de la Pologne 141 attaques de bandits, parmi les lesquels : 
    - sur des militaires de l’Armée rouge : 3 cas
    - sur des militaires de l’armée polonaise : 5 cas
    - sur les agents de la sécurité publique : 13 cas
    - sur des organes et des agents de police : 23 cas
    - sur les membres du Parti ouvrier polonais et des militants locaux : 16 cas
    - sur des agents de l’État : 4 cas
    - sur la population locale : 47 cas
    - sur des institutions de l’État : 11 cas
    - sur des entreprises d’État : 12 cas
    - sur des caisses : 4 cas
    - sur des trains : 2 cas
    - sur des gares : 1 cas.

    Conséquences des attaques de bandits :

    Tués Blessés Enlevés
    militaires de l’Armée rouge 2 1 1
    militaires de l’armée polonaise 11 1 2
    agents de la sécurité publique 3 0 1
    membres du Parti ouvrier polonais 
    et des militants locaux 24 3 0
    agents de l’État 2 0 0
    Population civile locale 50 31 1
    TOTAL 96 42 5

    Au cours des attaques de bandits ont été pris :

    Mortiers : 2
    Fusils mitrailleurs : 10
    Pistolets mitrailleurs : 6
    Fusils : 88
    Pistolets : 14
    Grenades : 10
    Machines à écrire : 6
    Automobiles : 7
    Bétail : 47 têtes
    Céréales : 30 200 kg
    Sucre : 6 400 kg
    Alcool : 2 000 litres
    Argent (en milliers de zlotys) : 1 359
    Et d’autres objets de valeur.

    Parmi le nombre total d’attaques de bandits, 10 ont été commises par les bandits de l’UPA [nationalistes ukrainiens, N. d. T.], au cours desquels ont été tués 40 civils polonais et militaires de l’armée polonaise et 8 ont été blessés. 
    Ces mêmes bandes ont brûlé 272 maisons appartenant à des civils polonais, et ont fait sauté un pont ferroviaire et une gare. 
    En 10 jours de ce mois de janvier, les armées du NKVD, les organismes de la sécurité publique et l’armée polonaise ont effectué 50 opérations contre les bandes, au cours desquels ont été infligées aux bandits les pertes suivantes :

    Bandits de l’AK et de la NSZ Bandits de l’UPA Total
    Tués 30 327 357
    Blessés 4 15 19
    Capturés et arrêtés 864 72 936
    Total 898 414 1312

    Les pertes des troupes sont de : 5 tués et 22 blessés.

    Ont été pris des bandits :

    Mortiers : 1
    Lance-grenades : 1
    Mitrailleuses : 3
    Fusils mitrailleurs : 27
    Pistolets mitrailleurs : 92
    Fusils : 316
    Pistolets : 203
    Grenades : 125
    Munitions : 122 000
    Mines : 60
    Explosifs : 39 kg
    Machines à écrire : 3
    Chevaux : 16
    Chariot : 8

    [signé émoticône smile Conseiller du NKVD auprès du ministère de la sécurité publique de Pologne, lieutenant-colonel Davydov. 
    [daté émoticône smile 25 janvier 1946

    GARF R-9478/1 s./ 586 / 45-48. Original tapuscrit

    uCoz

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